Ce jour, au réveil, je me réveille avec trois articulations sur quatre qui grincent. Finalement, les seuls à avoir bien dormi c’est les minots qui étaient bien au sec et au chaud dans la voiture.
Je suis gelé, mais je n’ai plus de godasses sèches, ni de veste sèche. Ma veste Décathlon n’était pas prévue pour un tel déluge. Le doublage a tellement été trempé qu’elle a commencé à moisir dedans. Elle sent la mort, en plus d’être aussi agréable à porter qu’une serpillère glacée.
Je cours donc à travers le camping prendre une douche chaude, et j’y reste une bonne demi-heure.
De retour à la voiture, je prend des mesures d’urgence:
- Je mets les sous-vêtements techniques du Canada sous les fringues.
- J’empile par dessus pantalon en toile léger, T-shirt, pull léger, polaire, et poncho
- J’enfile une grosse paire de chaussette de skis
- Je mets mes sandales d’été par dessus les chaussettes de ski

He ouais les gars. J’ai pas attendu la mode internet pour faire du chaussette/claquette Je suis à l’avant-garde de la mode des djeunz.
On aurait pu visiter, randonner, ou autre chose dans le coin de Thakgil, mais je n’avais qu’une envie: me casser de cet enfer mouillé.

On descend sur Vik, et ses plages de sable noir.
En arrivant, on tombe sur un autre 4×4 que j’échangerais bien contre le mien. En plus, il n’a pas besoin de planter les quinze sardines de sa tente tous les soirs, lui!

On va sur la plage, mais on nous met en garde contre les “vagues furtives tueuses”
Attention!

Attention! C’est dangereux!

On a dit “Attention!” Faut pas déconner avec çà!

De toutes façons, on est un 15 Août, la température de l’eau est de quelques degrés, il fait 5 degrés dehors avec un vent à décorner un âne… Si quelqu’un se baigne dans ces conditions là, soit il s’appelle Indiana Jones, soit il va mourir! Ca s’appelle la théorie de l’évolution!
A bord de la plage, on trouve des orgues de basalte assez sympa, au dessus desquelles nichent les macareux.


Un peu après Vik, des falaises de bord de mer rappellent Étretat

On roule jusqu’à Skögafoss, une cascade sur le bord de la route. Il faut monter 400 marches d’escalier pour arriver au sommet sur une plateforme.



Un peu plus loin passage à Seljalandsfoss. Une cascade un peu spéciale, car on peut passer derrière la cascade à pied. J’aime autant vous dire qu’on n’a pas eu de mal à motiver les gamins pour aller voir celle là…



Décidément, celui qui n’aime pas l’eau ne doit surtout pas venir dans ce pays.
En partant, le cadet des gamins, qui est tombé amoureux des macareux, en voit un en statue. Il faut donc qu’il aille faire un bisou à la statue…
Après tout ça, on a maintenant TOUS besoin d’un endroit ou dormir qui soit confortable, au sec, et qui dispose de douches chaudes. Le problème c’est que, déjà, les campings sont très chers (environ 40 à 50€ la nuit en tente, pour nous 4). Les auberges de jeunesse, ça titre dans les €200 à 4, et les hôtels c’est carrément inabordable…
On fait une recherche sur booking.com, et on tombe sur prix anormalement bas sur une auberge de jeunesse à Þikvibær. La nuit pour 4 personnes: 90€. En plus les notes sont très élevées (dans les 9 sur 10).
Seul souci, dans l’appli booking.com, on ne voit pas de route allant jusqu’à l’auberge.

Vérification sur la carte papier, on dirait qu’il y a quelque chose: une route ou une piste. On hésite un peu, mais bon, 90 euros la nuit, c’est à peine le prix de 2 nuits en camping. Et là on aimerait beaucoup se poser une nuit à un endroit au chaud et au sec.
On trace donc jusqu’à Þikvibær, et on tombe sur une auberge de jeunesse flambant neuve, abordable, bien pensée. Par exemple, tous les dortoirs sont agencés pour que des groupes de 4 lits ne se fassent pas face. Donc même dans un dortoir de 10 personnes, tu n’as pas l’impression d’être dans une caserne, avec des lits à perte de vue.
En plus, le couple de jeunes à l’accueil est accueillant, souriant, sympa.
On pensait avoir trouvé d’autres islandais sympas, et qui n’essayaient pas d’enfler le touriste avec des prix exorbitants.
On a été rassurés très vite: ce sont deux jeunes polonais qui sont venus s’installer il a un an. L’auberge a été ouverte il y a 3 mois à peine. Je leur donne un an, et ils s’aligneront sur les tarifs des autres. Espérons au moins qu’ils ne deviendront pas aussi glaciaux dans leur accueil
On passe des heures sous la douche, on a trouvé de la bière, on a de vrais lits

On analyse un peu la carte et notre rythme de progression. Il ne nous reste que 8 journées sur place, on en a déjà cramées 6. On en a prévu encore 2 ou 3 dans notre coin actuel, ce qui ne laisse plus que 5 à 6 jours pour faire tout le reste du tour de l’Islande: ce n’est pas jouable.
On décide de laisser de côté la capitale et tout l’Ouest. D’abord car on peut revenir visiter Reykjavik en avion facilement et pour pas cher. Et ensuite car on s’est fixé UN impératif: on veut emmener les gamins voir les baleines, au Nord, du côté de Dalvik.
Donc, pour rejoindre le Nord de l’Islande depuis notre endroit, on a 3 options:
- la plus longue: faire le tour par la route 1 jusqu’au Nord. Environ 500km de route, donc une journée perdue, sans parler de l’ennui
- la plus raisonnable, la F35, une piste remontant plein Nord. 100km de moins, et à peu près la même durée de voyage. Elle est donnée comme très facile, et accessible même aux voitures non-4×4.

- et sinon, il y a l’option la plus courte: couper en diagonale, par la piste F26. Le trajet n’est même pas proposé comme une option par google maps. La piste remonte vers le Nord Est, entre les deux glaciers principaux d’Islande. Des récits de gués de 300m de long sont partout sur le net, la route est enregistrée sur dangerousroads.com

Il faudrait être VRAIMENT idiots pour choisir cette option, ne pensez-vous pas?

Iceland for Dummies 2017 – la carte est là