Après une nuit au chaud, on repart en décidant de quitter la F26, et tracer au plus court, par la piste réputée “plus difficile”, mais bien plus courte.

En sortant du refuge de Laugafell, On constate que c’est un ilôt de vie, certainement alimenté par ses sources chaudes, au milieu d’un paysage sec et aride.
Lorsqu’on s’éloigne de quelques kilomètres, on se retrouve sur la Lune! Il ne nous manque que les tenues de spationautes!

Les nuages bas se confondent avec le brouillard. Le 4×4 roule doucement dans cette purée de pois, et semble trancher élégamment dans des volutes de fumées
C’est tellement beau, qu’en fait, même quand il n’y a pas de nuages ou de brouillard autour, le 4×4 se promène au milieu de volutes de fumée.
Ce qui, au bout d’un moment, déclenche un signal d’alarme dans un de mes 3 neurones aux compétences mécaniques…

Arrêt d’urgence en plein milieu de la piste, et le verdict est visible depuis le poste de pilotage: de la fumée sort du capot. Soit mon véhicule me signale qu’un nouveau pape a été élu, soit nous avons un problème!
J’ouvre le capot, pour découvrir un jet de liquide à haute pression qui vient arroser le bloc moteur. Ce dernier, qui semble bien chaud, vaporise le liquide instantanément, ce qui génère une fumée qui exciterait James Watt lui même
Une fois la pression retombée, on jette un oeil dans le moteur. Le problème est facile à voir: on n’a plus une seule goutte de liquide de refroidissement dans le bocal, et le moteur est brûlant.
Heureusement qu’on a pensé à prendre un gros bidon de liquide de refroidissement. On refait le plein, en pensant qu’il nous manquait juste un peu de liquide, ça a chauffé, et pis c’est tout.

On reprend la route, confiants, et on s’arrête 5 kilomètres plus loin pour contrôler le niveau. Et là, de nouveau, le bocal est vide…
On refait le niveau, contrôle de nouveau au bout de 10 bornes: bocal vide… Trois litres de liquide de refroidissement viennent de disparaître, en 20 kilomètres…

Le brouillard est revenu, donc impossible de voir si on crache de nouveau de la vapeur ni si la fumée d’échappement a une couleur bizarre.
On fait donc une nouvelle fois le niveau de liquide, et on part pour les 60 kilomètres de pistes restants au ralenti, sans visibilité, et en s’arrêtant tous les 5 kilomètres pour contrôler si le moteur n’est pas de nouveau en surchauffe.
La consommation de liquide de refroidissement est totalement aléatoire. Le niveau dans le bocal peut rester constant pendant des kilomètres, et ensuite totalement disparaître en quelques kilomètres de piste.
On fait toutes les vérifications qu’on peut imaginer, ou lire sur le net, sans trouver où disparaît ce satané liquide. Dans le doute, on essaie même de cogner sur la mécanique. On sait jamais!

Quand soudain, au milieu du brouillard, la piste commence à descendre brutalement…

La piste part en lacets, mais surtout, au fond…

La civilisation est presque là! Nous rejoignons la vallée, non sans passer quelques derniers gués. Ils sont courts et peu profonds, mais traîtres, avec des cailloux et des trous dissimulés sous la surface.
Dans le dernier gué, on trouve d’ailleurs un bout de moteur ravagé, qui dépasse a peine de l’eau. Un bon moyen de crever un pneu
Vingt kilomètres et 8 litres de liquide de refroidissement plus loin, nous retrouvons le bitume, la civilisation, et les fast food Islandais où le burger coûte 9 euros.
Nous arrivons à Dalvik, où l’on trouve quatre places abordables chez Arctic Sea Tours, dans un bateau d’observation des baleines ultra rapide.
On nous remet les tenues de spationautes qui nous faisaient défaut ce matin, et on va pour embarquer.

Le pilote du bateau dit à tout le monde de laisser les deux places avant à nos deux gamins, pour qu’ils puissent bien voir les baleines. Mais deux touristes se faufilent, doublent les gamins lors de l’embarquement et vont squatter les deux places avant.
Moi, j’irai pas contredire le capitaine d’un bateau avec deux énormes moteurs à l’arrière, alors qu’ils s’apprête à nous emmener dans une mer avec une eau à 2 degrés, mais bon…

Nous avons ensuite passé deux bonnes heures à observer des baleines à bosses et des petits rorquals.
Lors du retour, le pilote nous a dit de lever la main si ça allait trop vite, et il a poussé un peu fort la manette des gaz. Le bateau a commencé à sauter fort et haut dans les vagues. Et les deux squatteurs des places avant ont commencé à se faire sévèrement remuer.

Leur bel appareil photo et objectif de 50 centimètre de long a commencé à bien prendre les embruns. Mais ils ne levaient toujours pas le pouce pour demander de ralentir. Cet idiot a attendu de se casser la gueule de son siège pour se résoudre à lever la main pour dire qu’il en avait assez.

Après ces aventures, on remplit une nouvelle fois le bocal de liquide de refroidissement, et on cherche ce qu’il y a pour dormir pas trop loin. On tombe sur une maison entière à louer, assez grande pour douze personnes, pour moins cher que l’auberge miteuse d’hier.
En arrivant, la proprio nous a mis le Jacuzzi à chauffer, et nous a laissé des oeufs de ses cailles au frigo. Demain, on doit passer à sa ferme pour aller voir ses animaux, et payer la loc de la maison.
On passera donc la nuit au chaud, et au sec, mais toujours sans aurore boréale…

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