Le 20 Août, le matin on se bouffe les œufs de caille que la logeuse nous a gentiment offert, puis on se met en route pour la rejoindre à sa ferme.
Elle a aménagé un bout de son jardin en ferme où les enfants peuvent aller voir et toucher les animaux.

C’est joliment aménagé. On promène un peu, quand soudain, entre deux niches à animaux de la ferme, on remarque un truc bizarre qui nous regarde…
On tente de s’approcher, mais la bestiole est farouche. On commence à voir quelques poils blancs qui apparaissent dans son pelage.

La logeuse nous explique que tous les printemps, elle a quelques spécimens qui viennent squatter chez elle, et qui se barrent quand l’hiver arrive.
Nous avions eu la chance d’en voir un en hiver au Canada. Leur pelage devient intégralement blanc en hiver pour se camoufler dans la neige, et redevient noir au printemps.
Il va falloir se décider à repartir. Non seulement de chez la logeuse, mais également repartir vers chez nous. En effet, si on jette un oeil à une carte, nous sommes au point le plus éloigné de chez nous.

Ca fait 22 jours qu’on s’éloigne de la maison. A partir de maintenant, on revient en arrière. Ce qui ne nous motive pas plus que ça, je dois reconnaître.
C’est donc sans se presser qu’on visite le coin.

Une des particularités d’Akureyri est ses feux tricolores. En 2008, l’Islande a touché le fond lors de la crise financière des sub-primes. Les habitants et le pays s’étaient tellement endettés et vivaient tellement a crédit que le pays entier s’est retrouve en faillite financière.
Pour redonner un peu de moral à ses habitants, et leur rappeler ce qui compte vraiment dans la vie, la ville d’Akureyri a décidé de changer le design de ses feux tricolores:

On va traîner dans le jardin botanique d’Akureyri. Surprenant de voir un aussi beau jardin botanique dans un pays si froid! Entrée gratuite, bancs pour casser la croute, c’est donc là qu’on fera la pause de midi.
En repartant, alors qu’on remplit de nouveau le bocal du liquide de refroidissement, ma moitié cherche un peu dans le moteur pour comprendre d’où viendrait la fuite de liquide. Et en manipulant une grosse durite, d’un coup…
Une des durites d’eau frotte contre la tête d’un boulon, et s’est fissurée. Elle ne fuit que quand on la manipule, ou (on suppose) lorsque la pression dans le circuit augmente. Il va falloir réparer tout çà!
Avant de repartir, on va jeter un oeil au musée aéronautique de Akureyri, sans en attendre quelque chose d’exceptionnel. Grand bien nous en a pris: c’est un paradis du chrome rutilant!
Leur hangar est rempli d’avions en excellent état, de simulateurs de vols, de cabines de jet dans lesquels les gamins peuvent jouer.

L’entrée ne coûtait quasiment rien, ce qui est assez rare en Islande pour bien le noter. Le proprio du lieu m’a laisser monter a bord d’un Beechcraft C-45H brillant comme un miroir, en état de vol, et m’assoir au poste de pilotage.

A ce moment là, je pense que j’avais au moins autant d’étoiles dans les yeux que les deux gamins!
On trouve également d’autres véhicules surprenants, éparpillés entre les avions et planeurs. Ce sont, pour la plupart, des véhicules historiques de l’aéroport d’Akureyri, qui est tout proche.
On pensait y passer une demi-heure, on repart finalement bien tard, non sans avoir versé le 48ème litre de liquide dans la voiture.
On arrive en fin d’après midi à Goðafoss. La légende dit qu’en l’an 1000, le parlement islandais décide d’adopter le christianisme. Les idoles de l’ancienne religion nordique furent jetées dans cette chute. Le nom Goðafoss signifie « la chute des dieux » en souvenir de cet événement.

Les gamins vont jouer à sauter de rocher en rocher. Ca se voit qu’on n’a pas envie de rentrer?
On décide de se poser au camping qui est à 100 mètres des chutes d’eau. On en profite pour faire un peu de mécanique, pour tenter de boucher la fuite sur le circuit de flotte.


On se demandait si la réparation durerait jusqu’au retour en France. A l’heure ou j’écris ces lignes, soit 6 mois et 6000 kilomètres plus tard, la réparation est encore dans la voiture!
Soirée camping, dans laquelle j’ai réussi à inverser deux éléments de mon réchaud. Le résultat a été une suie noire de gasoil qui a pourri tout nos couverts.
Vous avez vu? Pas de nuages! Le temps parfait pour observer les aurores boréales. Mais nous sommes trop au nord, et la nuit ne sera pas assez sombre.
