Sur le trajet du retour vers le ferry, on a deux “spots” qu’on avais prévu d’aller voir:
- la région du Krafla et du lac Mývatn
- la caldeira d’Askja
Mývatn est accessible par la route 1, goudron quasiment tout le long, donc go. Ça nous permettra de tester la réparation de fortune faite hier soir sur la durite de liquide de refroidissement.
La région est une gigantesque caldeira de 10 kilomètres de diamètres. Si elle se voit très peu par satellite, elle a façonné la région avec des paysages très variés, et du coup, pas mal de spots à visiter.
Une fois arrivés à Mývatn, on va faire le plein de bouffe et bière à la station service, puis planter les tentes dans le camping du coin. Vers 11h, on est prêt pour visiter le coin.
On commence par la grotte de Grjótagjá. La flotte d’un bleu profond donne envie de s’y baigner. Mais c’est déconseillé, car beaucoup de touristes ont été contaminés par des bactéries vivant dans cette eau.

C’était un spot de baignade très prisé des islandais, mais la température de la flotte y était montée à 50° lors de la dernière éruption du Krafla, qui duré de 1975 à 1984!
De nos jours, la flotte est redescendue à 43°. Les gamins vont donc se prendre pour des spéléologues en se faufilant entre les blocs de caillasse vieux de 2500 ans

En sortant de Grjótagjá, il y a un bout de piste de quelques kilomètres. Ce qui nous donne le prétexte pour se garer comme des sauvages sur le bord de la piste, et filer se trouver un coin à l’abri des regards pour casser la coûte de midi
Vient ensuite le clou du spectacle, le Hverfjall. Même sur google maps, il est difficile de rater la forme caractéristique du cratère:

On se gare au bout de la piste, et j’entame la grimpette de 400m de dénivelé, en solo. De là haut, on a une vue bien dégagée.
Vers l’ouest, 400m plus bas, on aperçoit la piste. Au loin, la montagne du Vindbelgjarfjall, située à une dizaine de km

A l’est, on surplombe le cratère du volcan. Le cratère fait environ un kilomètre de diamètre. On peut en faire le tour à pied, il faut compter une heure de marche.

Au nord, le paysage mélange roche, et quelques patchs de verdure, nourris par la chaleur et les rejets du volcan.

En attendant que la famille arrive au sommet, je m’amuse chercher nos tentes avec le téléobjectif. Elles sont plantées dans le camping à quelques kilomètres de là.
Les gamins arrivent, et se mettent à chercher également

Maintenant qu’ils sont arrivés, je demande:
– les gnomes, vous ne sautez pas partout en essayant de ne pas toucher le sol?
– pourquoi on ferait ça, papa?
– ben parce qu’ici, le sol c’est VRAIMENT de la lave
S’ensuit une figure ébahie des gamins qui ont du mal à croire:
- qu’un adulte puisse connaître les mèmes internet et les challenges instagram
- que “The floor is Lava“, on y a déjà joué gamins, et que ça existe probablement depuis que les gamins de Néandertal ont vu une éruption volcanique.
Si seulement ils pouvaient faire des photos débiles, où ils ont l’air d’être en apesanteur, sur un vrai volcan. Ça tombe bien, j’ai un mode rafale sur le reflex
Sur ce, je me casse en lâchant un “YOLO” de bonne facture, histoire d’enfoncer le clou.

Arrivé en bas du volcan, je rencontre par hasard un de mes amours de jeunesse. Et je retombe instantanément amoureux.

Après avoir laissé des traces de bave un peu partout sur les vitres du T3, ma famille me ramène de force dans la réalité, et on se dirige vers la forêt de Dimmuborgir.
Dimmuborgir veut dire “les châteaux sombres”. Cette zone a été formée par un lac de lave de 10 mètres d’épaisseur, qui s’est répandu sur une zone humide, il y a plus de 2000 ans. L’eau du terrain est entrée en ébullition, et a créé des piliers creux dans la lave.
Ensuite, l’érosion a fait son œuvre. Les piliers sont restés, alors que de grandes parties de la croûte supérieure de la lave se sont effondrées.
Ce qui donne par exemple ce phénomène appelé Kirkjan (“l’église”)

L’effondrement et l’érosion ont laissé des structures de lave ayant l’aspect d’anciennes citadelles, d’où le nom de “châteaux sombres”


Dans certaines zones, l’effondrement a créé des grottes entre les différentes croûtes de lave séchées.
Un jeu de piste propose de trouver la cave des trolls. Une cave que les rangers ont aménagé en y laissant des restes de campements (lampes tempêtes, tubes de dentifrice, pyjamas abandonnés, skis, etc.)

Le plafond de la grotte est fait par la croûte supérieure du lac de lave. Un bloc! Lézardé de fissures de partout!

J’avoue qu’un plafond de lave menaçant de me tomber sur le coin de la margoulette, ça me rappelle les peurs inhérentes à tout gaulois, où qu’il soit:
Le paysage est chaotique, avec des arbres! La foret ayant été complètement rasée par les premiers colons, il y a un millénaire, c’est quelque chose qu’on voit très peu en Islande.
On voit même une plante étrange, faisant penser à du coton. Mais on n’a pas pu l’identifier.

Il est temps de rentrer. On tente d’aller bouffer à la pizzeria collée au camping. Surtout qu’on a droit à un bon de réduction de 10%.

Plutôt que d’acheter une pizza au prix du caviar, on décide d’aller profiter des bains chauds. On est sur une énorme caldeira, après tout. Il y a donc des piscines de flotte chauffées au magma!
Ensuite, on bouffera la tambouille habituelle, cuisinée au camping.
C’est alors qu’arrivent deux gars, qui viennent se garer à côté de ma table de camping.
Déjà, là, je suis pas jouasse. Mais en plus, comme ils ont froid, ils restent dans leur voiture, avec le chauffage à fond, et le moteur qui tourne!
Je décide donc de me lever et aller calmement expliquer que j’aime pas manger à 1 mètre d’un échappement de voiture. Ils coupent leur moteur, mais visiblement, il fait trop froid pour eux, et ils se barrent 20 minutes plus tard.
En plein milieu de la nuit, qu’est-ce que j’entends? Les mêmes blaireaux qui reviennent se garer à côté de ma tente, et qui laissent encore leur moteur tourner!
Je décide de lutter contre l’envie dévorante qui m’habite, et qui consisterait plus ou moins à sortir les étriper délicatement avec une des sardines de ma tente…

Je pense que là, j’ai été un poil moins calme en sortant leur expliquer que je n’aimais pas plus dormir à côté d’un échappement qu’y manger…
En plus, pas même une aurore boréale pour rendre ma sortie nocturne moins déplaisante!
